Thématique des ateliers

Nous avons sélectionné cinq grandes thématiques qui feront l’objet d’une réflexion collective en atelier. Cela permettra de penser l’évolution et le développement de nouvelles pratiques ou d’outils pédagogiques, ainsi que de favoriser le développement de collaborations inter-équipes ou inter-établissements. Dans chaque atelier, nous proposerons de :

-      Déterminer les enjeux importants en fonction des contextes,

-      Repérer les possibles freins au développement ou au bon déroulement d’actions,

-      Faire un retour d’expériences d’actions déjà menées,

-      Réfléchir à des actions et collaborations possibles,

-      Proposer un livrable, en incluant une courte bibliographie.

 

Les deux premiers ateliers seront conjointement consacrés à une réflexion sur la démarche interculturelle en tant que développement d’une approche transversale d’une question scientifique et technique, en recherche comme en pédagogie. Nous proposons de travailler sur cette thématique à partir de la question suivante : comment penser l’innovation technique autrement ? Il est possible de discuter cette thématique à plusieurs niveaux – depuis les pratiques professionnelles des ingénieurs, les pratiques des chercheurs, ou dans le cadre de la formation en sciences de l’ingénieur –, l’objectif étant de réfléchir à une possible articulation entre formation, recherche et domaine professionnel de l’ingénierie.

Atelier 1 : Penser l’innovation autrement (1) : l’importance de la contextualisation

Un premier atelier envisagera cette question sous l’angle de la contextualisation comme processus nécessaire à tout projet de recherche ou d’ingénierie. Cette perspective repose sur l’idée que tout travail de recherche, comme de conception et réalisation d’un projet d’ingénierie, est situé c’est-à-dire contextualisé dans le temps et l’espace, et selon des enjeux économiques, politiques, sociaux, historiques et culturels spécifiques. Autrement dit, il s’agit d’interroger l’innovation en tant que réponse scientifique et technique qui se doit d’être adaptée à une situation donnée. Cette réflexion peut aussi être associée à une question éthique et morale autour du rôle de l’ingénieur dans nos sociétés d’aujourd’hui et de demain. Il s’agira également d’étudier les possibilités permettant de prendre en compte cette question de contextualisation dans la formation même des ingénieurs.

Atelier 2 : Penser l’innovation autrement (2) : explorer d’autres façons de faire

Dans ce second atelier, nous nous intéresserons plus particulièrement à l’articulation entre techniques et interculturalité. Cette perspective nous invite à penser la pluridisciplinarité et l’interdisciplinarité en tant que démarche interculturelle. Les approches pluridisciplinaires et interdisciplinaires reposent en effet sur une capacité de décentrement par rapport à ses propres cadres de référence théoriques et méthodologiques. Elles nous invitent à explorer d’autres façons de faire, que ce soit dans la manière de poser un problème ou que ce soit dans les solutions scientifiques et techniques apportées, qui peuvent en retour nous inspirer à faire autrement. Nous pourrons ainsi explorer d’autres pratiques et conceptions alternatives, comme le low tech, le wild tech, l’ingénierie frugale, la conception collaborative, les technologies humanistes, et bien d’autres encore. L’enjeu sera également de réfléchir à la façon dont ces méthodes et pratiques alternatives peuvent nourrir la formation d’ingénieur.

Atelier 3 : Engagement des étudiants : comment développer une approche interculturelle du métier d’ingénieur ?

Les étudiants sont de plus en plus nombreux à se questionner sur leur futur métier d’ingénieur au regard de leurs valeurs et principes moraux et éthiques, ainsi que des enjeux sociétaux actuels. Cela se retrouve notamment dans leur engagement dans des activités associatives et entrepreneuriales. Dans ce contexte, cet atelier réservé aux étudiants se veut être un lieu d’échanges visant à favoriser un partage d’expériences sur leurs pratiques extrascolaires et leurs engagements personnels.

Cet atelier s’articulera autour de deux principaux axes. Nous proposerons tout d’abord d’échanger sur la vision des étudiants sur le métier d’ingénieur et « le sens de leur action dans le monde » (Chouteau, Escudié, et al. 2015). Dans un second temps, il pourra être discuté comment les pratiques associatives, sportives, artistiques, entrepreneuriales et autres engagements personnels sont parties prenantes dans la définition de nouveaux profils d’ingénieur – humaniste, citoyen, engagé. Il s’agira ici de souligner non seulement que l’interculturalité est une composante essentielle de toute démarche humaniste ou éthique, mais aussi que la démarche interculturelle comporte une dimension professionnalisante en ce qu’elle participerait pleinement au développement d’une « culture technique » telle que l’a conçu le philosophe Gilbert Simondon (Guchet 2015), c’est-à-dire « que les techniques comprennent des dispositions culturelles, incluent des rapports sociaux, impliquent des décisions politiques, économiques et sociales » (Chouteau, Escudié, et al. 2015).

Atelier 4 : Internationalisation de l’enseignement supérieur

L’objet de cet atelier est de réfléchir aux enjeux stratégiques et institutionnels autour de l’internationalisation de l’enseignement supérieur. Cette thématique pourra être abordée à partir des attentes et recommandations émanant d’instances nationale (CTI), européenne (Conseil de l’Europe) ou internationale (UNESCO) autour des compétences interculturelles : quel périmètre pour l’internationalisation ? Quel peut être son intérêt ? Comment les établissements peuvent-ils y répondre ? Quel impact ces attentes peuvent avoir sur l’enseignement et la pédagogie ?

Cet atelier pourra également aborder la question de l’internationalisation à domicile à travers la question des campus multiculturels : comment favoriser et capitaliser sur les échanges internationaux et la présence d’une population estudiantine et enseignante multiculturelle et internationale ? Comment passer d’une conception multiculturelle à une conception interculturelle des campus en y favorisant des interactions interculturelles ?

Il pourra aussi être discuté les possibilités de prise en compte de l’interculturalité en pédagogie : comment concevoir des méthodes d’enseignement qui tiennent compte de l’hétérogénéité des profils et parcours des étudiants ? Les participants pourront également aborder la question de la collaboration internationale dans l’enseignement : quels en seraient les intérêts alors que les collaborations internationales sont actuellement plutôt privilégiées en recherche ? Quels enjeux et quelles possibilités pourraient-elles apporter dans le développement d’une formation interculturelle de l’ingénieur ?

Enfin, il serait tout aussi important d’aborder cette thématique à travers les enjeux écologiques1 qu’elle pose. Comment imaginer une stratégie d’internationalisation qui tiendrait également compte de la crise dite climatique ? Cela peut tout autant concerner la question de la mobilité internationale que celle du développement de formations en ligne et de l’impact du numérique.

Atelier 5 : Développer des compétences interculturelles

Dans ce dernier atelier, il s’agira de proposer une réflexion autour de deux principaux axes. Nous poserons notamment la question de l’articulation entre les enseignements en langues, sciences humaines et sociales, et disciplines artistiques et sportives avec ceux en sciences de l’ingénieur. Nombreux étudiants ne font pas suffisamment de lien entre ces différents enseignements, or les entreprises et recruteurs sont de plus en plus à la recherche d’ingénieurs ayant aussi des compétences sociales (soft skills). Quelle place accorder à ces disciplines et départements dans les écoles d’ingénieur ? Comment mieux rendre compte de l’importance de ces enseignements complémentaires dans la professionnalisation des étudiants ? Quels sont les profils et les compétences attendus par les recruteurs ?

En lien avec ce premier axe, nous souhaiterons interroger la notion de « compétences interculturelles » (Faust, 2015). Une démarche interculturelle consisterait, dans une situation perçue comme interculturelle par les acteurs de cette interaction, à savoir mobiliser de façon adaptée ses compétences. Un enjeu serait de proposer un enseignement qui favoriserait le développement de telles compétences, mais comment définir ces compétences interculturelles ? Comment favoriser l’enseignement d’une démarche interculturelle dans une formation d’ingénieur ? Comment rendre plus visible l’importante articulation entre ces compétences et les compétences techniques et scientifiques ?

Autant de pistes de réflexion qui pourront être explorées et alimentées par les expériences et questionnements des participants. Ce travail en atelier se conclura par un partage commun des réflexions développées dans l’ensemble des ateliers, dans l’objectif de produire un document écrit proposant des pistes d’actions pour intégrer les enjeux interculturels en formation d’ingénieur.

 

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